"Tu sais, ma Fleur, les Fleurs ont besoin de soleil pour aller bien... Lui c'était un peu comme la pluie, non, c'était carrément la neige lui ! Oublie le, il te méritait pas. Et le jour où ma Fleur aura trouver son soleil, celui-la, je te le promets, il aura tout mon respect, celui qui la rendra heureuse !"
Arrêtez la Terre; je veux descendre !
<< Il commençait à faire noir et le froid me rongeait. Je suivais les filles devant moi qui parlaient entre elles. Je baissais la tête par instinct. Je savais que ce soir, c'était le grand soir. Qu'on allait se lâcher, que ça allait dégénérer et que de nouveau, je serais considérée comme une camer. Ca recommençait de toute manière. J'en revenais encore à me faire un shoot en cours ou en rentrant chez moi. Généralement, chaque samedi soir, je me le permettais et très souvent en semaine aussi. Ca m'arrivait de nouveau de me réveiller le lendemain avec les membres tremblants, des démangeaisons et des crampes au ventre. Là, alors, je devais me calmer pendant plusieurs jours voir deux semaines pour ne pas trop "souffrir"physiquement. Je redevenais lentement le déchet de la société. On a rejoint les hommes alors en face du café. On devait passer la nuit chez eux et se chercher une place entre les 4murs qui constituaient leurs abris pour s'endormir tous blottis. Comme une famille. On mettait tous de l'argent ensemble pour l'alcool, la drogue et la musique. Et j'ai vu alors ce gars-là, défiguré et qui finalement, s'en foutait parce que la vie l'avait déjà baisé. La gosse à côté de lui n'avait que 13ans et était clope en bouche, stone. Je pense que je me voyais en elle mais que je ne voulais pas finir comme lui par contre, pas comme ça. Je me répétais sans arrêt "T'inquiète pas Alice, tout ira bien... Tu savais qu'un jour, ça allait arriver, on reste jamais toute sa vie innocent. T'arriveras quand même à décrocher de nouveau, non ? T'en meurs d'envie en plus de tout ça, tu le sais". On a rassemblé l'argent et on est parti se payer quelques joints pour commencer en douceur. Ils ont démarrés la marche et je suis restée à l'écart. J'ai vu alors que personne ne me regardait ou me parlait. Une pensée m'a traversé la tête, des paroles de chanson "<<Run, run and run>>. Alice, court, fout le camp ! Tu vaux mieux que ça, mieux que les toxicos. Barre-toi, sauve ta peau cette fois, t'en crèveras bientôt autrement". J'ai respiré un bon coup alors et je leurs ai tourné le dos en empressant le pas, espérant de tout coeur qu'on ne remarquera rien. Arrivée quelques rues plus loin, je me suis engouffrée dans un magasin, j'ai ouvert mon sac et j'ai passé mon sweat par dessus mes vêtements pour paraître discrète. J'ai tourné en rond longtemps au milieu de la ville, dans le noir. La nuit tombait et je ne savais plus où aller. Mes parents me croyaient chez une amie, la bande me croyait derrière eux et moi je ne savais plus ce que je croyais. La bande a essayé de me téléphoner alors pour me retrouver. Je pense être passée 3 fois devant les mêmes magasins, faisant le même aller-retour dans la rue. Pour finir, je me suis plantée devant une pizzeria, assise sur une marche à l'entrée. J'ai appelé mon père pour dire que j'étais en ville, j'avais envie de vomir et de rentrer. Il arrivait, il était en chemin. J'avais honte et ce putain de gsm qui vibrait. J'avais l'impression que tous les gens qui passaient se disaient "Tiens, voilà encore une junkie". Je me suis mise en boule, emmitouflée dans mon pull pour ne plus penser. Ce soir-là, je pense que j'ai changé...>>